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Des fois j'ai honte, honte de ce que je puisse penser. Peut-on vraiment croire qu'on a fait le tour des choses du haut de ses vingt ans ? Penser qu'une vie se résume à la répétition d'événements vécus de par le passé ? Et pourtant ce déroulement paraît logique, inévitable. Oui, des dizaines d'exemples en tête, des souvenirs qui montrent qu'on peut toujours chercher à s'enfoncer alors qu'on a tout pour être heureux. Semblerait-il. J'en suis consciente mais je n'irais pas jusqu'à dire que je regrette d'agir de telle façon. Le faire pour se sentir vivante ? Phrase frénétique qu'on s'imagine voir prononcer une rebelle pré-pubérée. Je pensais pareil jadis, laissons le temps faire le nécessaire, laissons-lui quelques années pour se rendre compte de sa sottise pathétique.
Les années n'y ont rien fait. A croire qu'il y à des êtres destinés à agir selon des schéma bien définis. On accumule les expériences. On s'échange avec des êtres semblables, on se croit unique en son genre et en même temps dépourvu de tout avenir. Mais d'un point de vue objectif, combien de fois j'aurais du partir et combien de fois suis-je restée malgré les innombrables occasions de tirer un trait sur le passé, le présent, sur le futur ?
Ces actes irréfléchis m'ont marqués comme ils auraient marqués n'importe qui. Des gestes imprégnés par leur cruel acharnement. Pitié, épargnez-moi la traduction de symptômes d'une psychose névrotique quelconque. Je parle de choses plus subtiles, d'un plan stratégique. On arrive à se demander si ces personnes-là ont la capacité de changer un jours, d'enterrer leurs démons et de se créer une place parmi ce monde. Ou demandons plutôt de telle façon - en éprouvent-elles un réel désir ?
Avoir tout pour être heureux, du moins le semblerait-il. Est-ce vraiment le cas ? Que-ce le bonheur ? En avons-nous la même représentation ? Ces créatures m'évoquent la pitié - chercher à justifier ses actes, des manières de penser. Quelle cruauté de devoir trouver une excuse, de trouver un malheur quelconque en guise de comparatif. Par pitié - .
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